INCUBATION 2020-2021

INCUBATION 2020-2021

POULP - Soumaya NADER et AUDREY Alonso

Développement d'un ensemble de méthodes et d'outils pour le diagnostic urbain, paysager et territorial

> Projet suivi par :

Martial MARQUET (Architecte et Designer)

Structure Bâton (Designers, graphistes)

POULP.jpg
Capture d’écran 2020-12-07 à 12.17.57.

PORTFOLIO POULP

ENTRETIEN

1. Pourriez-vous en quelques mots vous présenter?

Toutes les deux diplômées d’un DNAP et d’un DNSEP Design obtenus à l’ESAD Valenciennes, nous avons créé le POULP - Pôle d’Observation Urbaine aux Langages Pluridisciplinaires en 2018. Un moyen pour nous de collaborer sur des projets aux enjeux locaux et territoriaux, dans une envie de valoriser des usages du quotidien. 

 

2. Quelle est votre activité de création?

Notre pratique questionne le territoire vécu, avec des thématiques relatives au paysage, aux mutations urbaines et sociales. Nous travaillons autant sur des projets d’accompagnement des habitants par la création (maquettes, formes, textes) dans le cadre de projets de rénovations urbaines, que sur de la mise en place de diagnostics urbains pour une définition ou redéfinition d’usages et d’espaces. 

Nous sommes plurielles dans les outils et modes d’expression que nous utilisons : analyse de site et marche, maquettes de projets, volumes échelle 1, graphisme, dessin, plans et écriture. 


 

3. Pourquoi avez-vous décidé de poursuivre votre formation?

 

Jeunes diplômées hyper actives, nous avions besoin de prendre du recul sur notre pratique et d’être accompagnées sur des questions de fonds sur des projets engagés, mais aussi sur des aspects administratifs qui sont peu abordés durant les études par manque de temps. 

Dans la vie professionnelle depuis deux ans, nous avons conscience d’avoir quelques points à approfondir sur des questions administratives et parfois méthodologiques, selon les clients à qui nous nous adressons et les livrables demandés. 

 

4. Qu’est-ce qui vous a intéressé dans le dispositif Incubateur Création-Positions de l’ÉSAD Valenciennes?

L’orientation de recherche de l’ESAD autour d’un design local et éco-social s’aligne avec les projets que nous menons et que nous souhaitons approfondir dans le futur. C’est donc le moyen d’aller plus en profondeur dans des réflexions théoriques et d’être dans une démarche de recherche-action. En tant qu’anciennes étudiantes, nous avons aussi été intéressées par l’idée d’avoir un suivi longue-durée par une équipe qui connaît déjà nos profils mais également confronter notre pratique aux regards d’autres personnalités. 

Le dispositif de suivi proposé nous permet également de revenir avec nos référents sur les expérimentations faites directement après l’école lors de notre plongeon dans la vie professionnelle, ce qui va nous permettre d’approfondir notre démarche (participation dans le processus créatif, appropriation des projets, et restitutions des actions menées sous différents formats). 


 

5. Qu’attendez-vous de cet Incubateur pour développer votre projet professionnel?

 

Nous souhaitons réfléchir à notre business model et à notre structuration qui n’est pour l’instant pas optimale, grâce au suivi proposé par La Malterie au sein de l’incubateur. 

Nous voulons développer les démarches que nous avons déjà engagées durant nos projets à travers les prismes de la sociologie et de la géographie via des ateliers et discussions avec nos référents de projets (Martial Marquet et Structure Bâtons). L’incubateur est aussi le moyen de réfléchir à une méthode de travail privilégiant la collaboration avec d’autres designers, plasticiens dans le cadre de projets pluridisciplinaires. Au-delà de ces aspects pragmatiques, notre présence à l’Esad par le biais d’expositions de recherche nous permettra de recueillir l’avis d’un public varié sur notre production et notre vision du design. 

 

6. Pensez-vous que “prendre position” soit important dans la création et dans votre activité en particulier?

Nous sommes marquées par des penseurs questionnant le quotidien et le rôle de l’habitant sur le territoire qu’il pratique : Henri Lefebvre, Patrick Gedès, Lewis Mumford… “prendre position” signifie être présentes, dans l’action, agir sur le quotidien. Il s’agit d’adopter une position engagée politiquement et socialement à travers nos projets, agir sur le quotidien en tant que designers et être actives auprès des bénéficiaires de nos actions. 

 

7. Quel(s) conseil(s) pourriez-vous donner à un jeune diplômé d’école d’art et de design?

 

De ne pas attendre la fin de ses études pour entrer dans la vie professionnelle, saisir toutes les opportunités de stages, rencontres, jobs de vacances qu’il pourrait trouver dans des domaines qui gravitent autour de ce qu’il imagine être sa future vie professionnelle. 

NATACHA VAREZ-HERBLOT

Développement d'un projet de design thérapeutique par un kit de vestes modulaires stimulant la sensorialité du patient polyhandicapé

> Projet suivi par :

Elizabeth HALE (Designer, Chercheuse)

Ludovic DUHEM (Philosophe)

illustration NV-H.jpg
Capture d’écran 2020-12-07 à 12.14.19.

PORTFOLIO NATACHA

VAREZ-HERBLOT

ENTRETIEN

1. Pourriez-vous en quelques mots vous présenter?

Après un an de préparation aux concours des écoles d’art, j’ai intégré l’ESAD d’Orléans où j’ai obtenu mon DNA et mon DNSEP design objet et espace. J’ai été très vite attirée par la confection d'objets ou de dispositifs qui engagent l’utilisateur dans la prise en compte de son bien-être et qui facilite l’acceptation de soi et de ses différences. 

 

2. Quelle est votre activité de création?

J’ai commencé à penser le projet Corps à Coeur dans le cadre de mon DNSEP mais mon intérêt pour le corps, son observation et son acceptation a débuté avec mes premières recherches plastiques comme une thérapie personnelle suite au port d’un corset orthopédique de mes 15 à 17 ans. Après avoir dépassé cette vision intime, j’ai découvert un réel intérêt pour le "design with care", un terrain encore trop peu exploré avec de multiples possibilités. Le textile, qui permet d’envelopper le corps, le manipuler, le choyer et le stimuler, m’est rapidement apparu comme un médium idéal. 

3. Pourquoi avez-vous décidé de poursuivre votre formation?

Ce projet me tient à cœur et les retours de psychomotriciens et professionnels de santé avec qui j’ai déjà pu échanger me prouve que ce projet à du potentiel et mérite d’être développé. Après six années d’études, c’est un accomplissement de pouvoir mener un projet personnel, représentatif de mon positionnement de designer, dans un but professionnel tout en ayant un cadre pour commencer.

 

4. Qu’est-ce qui vous a intéressé dans le dispositif Incubateur Création-Positions de l’ÉSAD Valenciennes?

Pour moi l’incubateur représente une réelle opportunité pour développer mon projet et le transformer en activité professionnelle concrète, de me créer un réseau et rencontrer les bonnes personnes. Celui de l’ESAD de Valenciennes m’a particulièrement intéressée car la formation se déroule dans le cadre d’une école et d’une équipe pédagogique engagées dans un design social et circulaire. La position géographique de la ville de Valenciennes est également un atout, elle s’inscrit dans une région avec une histoire de l’industrie du textile très forte qui perdure aujourd’hui en la positionnant comme leader dans le textile innovant. 

 

5. Qu’attendez-vous de cet Incubateur pour développer votre projet professionnel?

Corps à cœur est un habit sensoriel que l’on peut facilement s’approprier, à la limite entre l’objet thérapeutique et le vêtement. Il propose une exploration de matières, de sons et d’actions qui permet également de découvrir son corps. Mon travail en étroite collaboration avec des psychomotriciens me permet de faire évoluer et d’améliorer mon produit afin qu'il s’adapte aux pathologies, aux individus et aux besoins. A terme, je voudrais proposer un produit commercialisable à petite échelle pour des structures d’accueil de public en situation de handicap.

 

6. Pensez-vous que “prendre position” soit important dans la création et dans votre activité en particulier?

Prendre position signifie pour moi s’engager dans un domaine. Le designer peut changer les regards, poser des questions pertinentes sur le fonctionnement de notre société, et remettre en question des éléments ancrés dans nos habitudes. C’est un médiateur avec un positionnement plutôt neutre et ayant du recul sur des situations qui peuvent être améliorées pour apporter bien-être, acceptation et communication. Une citation lue dans Sciences du Design, no 6 “Design et santé” représente particulièrement ceci : «Il ne s’agit pas seulement de proposer des solutions mais aussi d’être force de proposition pour inscrire la santé dans un cadre beaucoup plus large de mieux-être pour l’ensemble de la société.»

 

7. Quel(s) conseil(s) pourriez-vous donner à un jeune diplômé d’école d’art et de design?

Je lui dirai de croire en ses convictions et ses intuitions, d’aller au bout des choses et de s’engager le plus possible en provoquant des rencontres, des découvertes et des expérimentations.